Locale de Saint-Gilles

La lettre d'interpellation pour l'action du 30/01 + dates

Démarré par Loïc Fraiture dans Locale de Saint-Gilles il y a 4 ans

Chers amis,

Voici la lettre. Je ne doute pas que ce processus douloureux fut constructif et que l'objectif de susciter une large adhésion sera atteint. On fera bien entendu un bilan de ce qui pourra être amélioré à l'avenir. Mais en attendant, on continue jusqu'au samedi 30;-)

Pour ceux qui veulent donner un coup de main pratique pour l'action du 30, il y a plusieurs possibilités.

Rdv samedi à 12h15 au Verschueren pour un petit collage d'affiches.

Rdv dimanche à 12 à la Bourse pour un autre collage d'affiches dans le centre.

Rdv dimanche 14h au Pianofabriek (35 rue du Fort à St Gilles) pour les dernières réunions : organisation et bricolage.

Et puis le jour fatidique, rdv à 12h place de l'Albertine pour le montage.

Ceux qui peuvent faire un trajet en voiture sont aussi les bienvenus^^

Bien à vous,

Loïc

PS : j'ai pas trouvé comment attacher la pièce jointe donc je copie le texte ici, on verra ce que ça donne^^

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Mesdames et Messieurs les Ministres,

 

Vous êtes nombreux à vous occuper de notre ville. Merci ! Nous aussi, nous sommes nombreux et avons Bruxelles à cœur. En 2014, nos mouvements, Hart Boven Hard et Tout Autre Chose, sont nés. Et ici, dans notre ville-Région, ils ne forment qu’un seul et même élan. Ils rassemblent des gens qui partagent la conviction qu’il existe des alternatives à l’austérité et au repli, des gens qui avancent ensemble pour construire une société du positif et du possible.

 

La discrimination, la méfiance et la morosité que certains insufflent ne nous découragent pas. Les divisions, les inégalités et la pauvreté ne sont pas des fatalités. C’est pour cela que nous tenons à être là aujourd’hui, confiants et déterminés : pour revendiquer plus de solidarité, d’équilibre et de cohésion.

 

« Je m’appelle Maria. Près de mon travail, il n’y avait pas de garderies pour accueillir mon fils Victor. J’ai dû me couper en quatre pour rester au travail tout en assumant la garde de mon fils. À Anderlecht où j’habite, il n’y a pas non plus de place pour lui à la maternelle. Il a pourtant bien besoin d’apprendre le français, qui n’est pas ma langue maternelle. »

Les comités de parents qui tentent de redonner aux écoles une taille humaine s’activent. Les réseaux qui plaident pour que chaque enfant trouve une place foisonnent. Les plate-formes qui se battent pour une réelle égalité des chances ou pour des classes bilingues se multiplient. Et les associations qui travaillent sur le terrain pour une meilleure qualité de vie dans les quartiers n’attendent pas. Tous prennent les choses en mains. Bruxelles est la ville la plus jeune de notre pays. Sa jeunesse est une richesse !

 

« Je m’appelle Mehdi. Quand je sors avec mes amis, nous nous faisons souvent contrôler par une police qui ne connaît pas mon quartier. L’entrée des bars nous est parfois refusée, sans raison valable. Et mon grand frère Bilal, pourquoi est-il systématiquement mis de côté dans sa recherche de logement ? Pourquoi d’autres jeunes, pourtant moins bien diplômés, passent-ils devant lui pour un emploi correct ? On aime cette ville parce que c'est notre ville».

Il est temps que Bruxelles nous reconnaisse tous comme ses habitants légitimes. Il est temps de faire valoir un discours inclusif qui permette à chacun de se sentir pris en compte. Que les couleurs dans ses rues se réfléchissent dans ses administrations, dans son espace et ses services publics. Il est temps aussi de se montrer plus fermes envers les discours de division, et de lutter contre les nombreuses discriminations présentes qui sont omniprésentes à tous les niveaux de notre société.

 

« Je m’appelle Nadia. J’ai 22 ans et j’ai un diplôme du secondaire technique. Depuis que j’ai quitté l’école, je n’ai connu que le chômage, des jobs d’intérim ou des stages peu rémunérés où je n'ai pas appris grand chose. Je fais mon possible mais c’est difficile de garder le moral lorsque je n’obtiens pas de réponse à mes candidatures ou lorsqu’on me tient pour responsable de ma situation. »

Des chômeurs trop peu « actifs » ? Des emplois en pénurie ? Des jeunes trop peu formés ? Oui, il y en a certainement. Mais à Bruxelles, en 2013, il y avait en moyenne 1 offre d’emploi chez Actiris pour 48 demandeurs ! A nous la faute ? Dans notre ville 1 habitant sur 3 risque la pauvreté. Nous pensons que l’emploi décent est un droit qu’il faut défendre collectivement. Nous pensons qu’il ne faut pas seulement aider les entreprises, mais qu’il faut surtout, grâce à une fiscalité plus juste, aider les secteurs où il existe une forte demande de la part de la population et où l’emploi est décent : les services publics et le non marchand. Nous souhaitons également que le travail soit mieux réparti, entre jeunes et plus vieux ou entre hommes et femmes. A plusieurs reprises par le passé, la société a notamment résolu cette question collective en réduisant le temps de travail. Voilà des perspectives ambitieuses !

 

« Je m’appelle Hassan. Avant, j’étais pédiatre dans un hôpital en Syrie. Bruxelles m’a accueilli les bras ouverts, je ne l’oublierai jamais. Surtout ses habitants, avant que les moyens de l’Office Des Étrangers ne soit dépassés. J’espère pouvoir bientôt permettre à ma femme et mes filles, restées dans un pays en guerre, de me rejoindre. Peut-être dans un an, quand ma demande d’asile aura été traitée... ».

Nous espérons aussi que les compagnons de routes d’Hassan pourront recevoir un accueil humain et puis notre protection, qu’ils ne seront pas condamnés à l’errance dans l’illégalité et à l’exploitation, mais qu’ils pourront jouir d’un permis de travail, de droits sociaux et de formations. Mais on nous raconte que les défis de l’accueil et de l’intégration pourront être relevés en mettant l’armée à nos frontières et en tentant de dissuader les migrants. On nous dit aussi que l’argent manque pour recevoir dignement ceux qui fuient la guerre ou la misère. Pourtant, l’argent ne semble pas manquer quand il s’agit d’acheter pour 9 milliards de nouveaux engins de guerre…

 

« Je m’appelle Karine. Je vis seule avec trois enfants. Comme 40 000 autres ménages, j'attends un logement social. Vu le rythme où on les construit, j'ai dû finir par signer pour un appart de 50 m², 2 chambres, pour 850€ charges comprises. Pourtant, les châssis, simple vitrage, ferment mal. Bruxelles, m’explique-t-on, a surtout besoin d’attirer "la classe moyenne" pour équilibrer ses finances. Vais-je devoir me résoudre à partir ? Loin de mon travail, de ma famille, de l’école de mes enfants ? ».

Le droit au logement n'oblige-t-il pas les propriétaires à proposer des loyers raisonnables? Berlin, New York, Genève encadrent les loyers. Nous souhaitons que notre ville aussi soit courageuse. Nous souhaitons qu’elle ose agir pour répondre aux besoins premiers de ses habitants.

 

« Je m’appelle Yoris. J’habite à Ixelles. Je souffre de difficultés respiratoires, à cause de mon grand âge, mais également à cause des gaz d’échappement… Je vais souvent jusqu’au campus de La Plaine pour prendre l’air, avec mes petits-enfants. Mais ils ont commencé à raser les arbres, il parait que c’est pour construire des logements de luxe... »

Parfois, Bruxelles suffoque. D’ailleurs, plus de 600 personnes meurent prématurément chaque année à cause de la mauvaise qualité de l’air. La voiture reste reine. Les véhicules de société nous coûtent d’ailleurs plus de 4 milliards d’euros par an. Et en même temps ce sont des milliards qui sont désinvestis dans les transports publics. Les espaces verts sont une proie de choix pour les gros investisseurs immobiliers. Mais les citoyens et le monde associatif se mobilisent pour généraliser le tram, allonger les lignes de métro, réactiver les chantiers RER, maintenir l’offre de la SNCB, pour rendre la mobilité plus douce, plus accessible et plus démocratique, pour rendre l’espace public chaleureux, vert et authentique.

 

Mesdames et Messieurs les Ministres,

 

Nous ne venons pas tous du même endroit, nous n’avons pas tous la même langue, ni la même philosophie ou religion. Mais nous partageons un même espace de vie et nous voulons faire corps avec notre ville en participant à son avenir. Avec Hart boven Hard et Tout Autre Chose, nous souhaitons que nos vœux résonnent dans les appartements, les quartiers et les communes, jusque dans les hémicycles et les cabinets. Par-delà les murs du labyrinthe institutionnel auquel vous nous renvoyez. Nous souhaitons que ces vœux vous inspirent et qu’ils vous donnent envie de participer, avec nos alternatives, à la construction d’un avenir équilibré et juste pour tous les citoyens que nous sommes.

 

il y a 4 ans

Si vous avez besoin d'un lecteur, faites moi signe.

il y a 4 ans

Loïc, je suis libre (ainsi que mon véhicule) le 30...fa

il y a 4 ans

Loïc, je suis libre le 30 (ainsi que mon véhicule)...fais-moi savoir où te rejoindre, s'il y a du matériel à bouger.

PS: comme tu as pu le remarquer, j'ai (une fois encore) appuyé sur "touche pas à ça p'tit con" et le texte n'était pas terminé !

Ciao.

il y a 4 ans

Pas de chance, les gars. J'ai actuellement un problème de plomberie interne et suis aussi actif qu'un lombric frappé de lumbago. Aussi, ne comptez pas sur moi, aujourd'hui...et peut-être, également, demain... Affaire à suivre. Désolé. A bientôt.