Groupe un tout autre modèle économique

Si vous souhaitez participer à ce groupe, connectez-vous ou créez-vous un compte ici.
À propos Discussions Agenda Fichiers Participants Rejoindre

II. "Communion". La notion de "communion" en philosophie et en religiologie

Après avoir ouvert un fil sur l' "économie de communion", une économie alternative à l'économie dominante capitaliste surtout dans sa phase néollibérale, dans la série "communion", je compte ouvrir maintenant un fil sur la notion même de "communion". D'où vient cette notion? Signifie-t-elle la même chose que "partage", "fraternité" et "solidarité"? Bref, j'entre ici davantage sur la pensée d'une notion, qui peut recourir davantage à la philosophie et à la religiologie ("théologie" est pour moi surtout un discours sur Dieu). Un peu d'histoire, comme un peu de la pensée de tout un chacun qui veut s'exprimer seront, je pense, la richesse de ce fil.

Je tâche de penser les titres au plus court :

I. "Communion". L' "économie de communion". Sources. Regard sur les entreprises

II. "Communion". La notion de "communion" en philosophie et en religiologie

Prévision de fils pour la suite :

III. "Communion". Le rôle de l'État dans l'économie

IV. "Communion". Les autres économies de solidarité

Démarré par Henri VOISIN dans Groupe un tout autre modèle économique 9 août 2017 22:28

ENTRÉE EN MATIÈRE, un post de Michelle OUBION

@henri  Si les chrétiens ont "inventé" la notion spirituelle de communion(le pain,le "corps du Christ", et le vin, son "sang", étant les symboles sacrés du lien entre tou-te-s les membres de la famille chrétienne), il faut remarquer qu'ils ont aussi conjointement trouvé toutes les raisons d'en exclure ceux/celles qui ne se plient pas aux lois très terre-à-terre de leurs églises, et donc d'en initier les divisions.

La notion de "fraternité" n'a pour moi aucune valeur(et je me suis toujours demandé pourquoi on la retrouve dans le slogan de la république française!). En effet, nous savons que les pires crimes dont sont capables les humains ont été perpétrés à l'intérieur des frateries, le partage d'une même parenté favorisant particulièrement l'envie et la jalousie. Interpellée dès mon plus jeune âge par la manière de parler des animaux des amérindiens("frère ours"), j'ai pu observer ensuite que de nombreuses civilisations asiatiques croyaient que tout ce qui existe sur terre est "frère", né du phénomène de la Vie.

Au-delà des croyances, de récentes observations scientifiques démontrent l'inter-dépendance du Vivant, et que le mépris constant des êtres humains vis-à-vis des autres espèces est le principal responsable des déséquilibres désastreux qui menacent leur(s) existence(s). Heureusement, de nombreux mouvements, alter-mondialistes/écologistes, en ont pris conscience et nous informent de cette situation.

Je remplacerais donc le slogan "liberté,égalité,fraternité", inapproprié pour la "chose publique" car trop réducteur et portant à interprétations, par celui-ci, qui pourrait peut-être susciter une nouvelle société apaisée et prospère:

"Liberté de choix, Égalité de droits, Solidarité des vivants"

Henri VOISIN 9 août 2017 22:45

@ Michelle

-C'est bien vrai que la notion de "communion" a été "inventée" par les Chrétiens et que les Chrétiens ont pratiqué la division, excluant des frères et des soeurs qui ne pensaient pas tout à fait comme eux.

-Contrairement à toi, la notion de "fraternité" a pour moi de la valeur, en dépit des crimes qui peuvent être commis dans des familles.

-Je pense comme les Amérindiens et saint François d'Assise que tout ce qui existe sur la Terre et dans le Ciel sont nos frères et nos soeurs. L'Humanité et tout ce qui existe dans la nature sont liés, ce que nie pas non plus la science. 

Henri VOISIN 9 août 2017 23:20

Pour la petite histoire, la devise française a été durant la période de la révolution, "Liberté, Egalité, Propriété" et aussi "Liberté, Egalité, Fraternité ou la Mort" durant la période "guillotine à temps plein".  C'était les fondements de la République.  L'être humain a besoin de légitimer ses actes, il se bat pour la..., il apporte la... et c'est toujours le plus fort qui a raison à la fin ;-)

Giuseppe 10 août 2017 09:47

Sur les devises

LIBERTÉ : Je pense que tous les êtres vivants se meuvent librement. En ce qui concerne les êtres humains, s'il est captif, il peut soit refuser d'être captif et se révolter, soit accepter cette condition. Je pense qu'aucun être humain n'aime être aliéné à son semblable, et s'il l'accepte, c'est malgré lui afin de survivre.

ÉGALITÉ : Tous les êtres humains - et autres êtres - ne naissent pas physiquement égaux. Une partie ont moins de handicaps et sont mieux portants que d'autres.

FRATERNITÉ : Je pense que tous les êtres vivants sont frères et soeurs, parce qu'ils dépendent les uns des autres.Comme l'a relevé Michelle Oubion, il peut y avoir pour une raison ou pour une autre des fratricides, ce qui fait dire à certains croyants ou autres que Dieu peut tuer !

C'est pourquoi, les devises étant toujours de l'ordre de l'idéal, ces trois simples mots ne suffisent pas, il faut des compléments qualificatifs ou de nom. Je dirais donc : "Liberté de choix", "égalité de droit", "fraternité de coeur".

Henri VOISIN 11 août 2017 09:50

Avant d'éventuellement contribuer à ce fil de discussion (tout en connaissant les limites d'un dialogue par voie informatique), ainsi que les autres en lien, je tiens à exprimer que je suis un peu perplexe, à priori, sur (l'utilité de) cette discussion – je dirais même "ontologiquement perplexe". Car il s'agit de questions fondamentales, nous ramenant à nos "présupposés fondamentaux" (à nos "systèmes de croyance" pour employer une expression fort employée chez les psy, que je n'aime pas trop) qui demandent des réponses préalables.

D'abord, en quoi disserter sur la religion pourrait-il contribuer au tout autre chose auquel nous aspirons – une tout autre société, un tout autre monde, un tout autre système économique, un tout autre système politique, une toute autre école, etc. ?

Ensuite, je me sens mal à l'aise par rapport à Henri, sur la question "convictionnelle".

(@Henri ) Car de ce que tu as écrit auparavant autour de l'économie de communion, je te situais comme chrétien, notamment (mais pas seulement) parce que les Focolari se situent clairement au sein de la mouvance chrétienne, catholique plus précisément. Mais il ressort clairement de ce nouveau fil de discussion que tu ne l'es pas, et peut-être même pas croyant! Ce qui n'empêche pas qu'il y a quelque chose qui continue à m'échapper, puisque je ne peux voir les choses qu'en termes de paradoxe quantique, à la manière du chat de Schrödinger qui est à la fois vivant et mort ! A moins qu'il y ait quelque chose d'implicite … qui doit être explicité !

J'en reviens alors à la question "utilitariste" : concrètement, quels sont les objectifs de cette discussion dans le cadre de TAC, finalement ? Où cela est-il censé nous mener ? Présupposant (peut-être de manière erronée) que s'il est question de religion, c'est que la religion (une religion sans dieu?) pourrait nous apporter quelque chose de bénéfique...

NB : pour la petite histoire, ce n'est pas la première fois que je me retrouve face à ce genre de choses dans les discussions par ordinateur interposé, puisqu'il y a à peu près un an, je me suis retrouvé confronté à un "défi" du même ordre face à des concepts dont me faisait part Ayar, bien qu'ils étaient partiellement en lien avec la spiritualité du "bien vivir"…

PS : il est question dans le fil de discussion initial de discuter "de façon très théorique". Alors un peu d'humour sur la question : la théorie, c'est quand on sait comment ça marche mais que cela ne marche pas, et la pratique, c'est quand ça marche mais qu'on ne sait pas pourquoi...

André Leclercq 14 août 2017 12:09

@Andr é  Dans le cadre d'une discussion à propos d'un Tout Autre Modèle Économique, Henri nous a proposé de réfléchir à ce qu'il savait de "l'économie de communion". Ceci me semble une réflexion tout-à-fait utile, surtout que, en ces temps très confus, certains "richards" parmi les plus "gros" se posent en "généreux donateurs"(position inspirée de la tradition de charité chrétienne) pour justifier les monopoles industriels et technologiques qu'ils détiennent, et défendent avec bec et ongles(juridiques, mais pas que...)

Cette proposition a tourné à la réflexion sur les philosophies et religions, et elle me semble tout aussi essentielle, car nous savons(bien que nous ayons tendance à l'oublier) que les Églises de toute sorte possèdent un énorme potentiel de propagande, et des trésors sonnants et trébuchants, des empires financiers, qui leur permettent de mettre aussi la main sur les rênes du pouvoir économique mondialisé(l'impérialisme capitaliste que tu nous demandes régulierement de combattre).

Je ne comprends pas en quoi cela te dérange que des membres de TAC(qui ont fait connaissance grâce au mouvement) profitent des avantages de ce forum "participer"(qui permet à n'importe qui, même éloigné, d'intervenir) pour passer du temps à discuter de ce qui les préoccupe? Surtout que tu n'es, pour ta part, absolument pas obligé ni de lire, ni d'intervenir... Pourquoi une discussion "de vive voix" serait-elle plus "édifiante"? Moi qui ai été coincée dans mon coin pendant 30ans de par mes responsabilités familiales, et qui le suis à présent par des problemes de santé, j'ai toujours apprécié de pouvoir correspondre par écrit(d'autant plus qu'on peut,dans ce cas, se rappeler ce qu'on a dit, et comment on l'a dit). Le mode moderne, instantanné et plural, de communiquer, que permet l'informatique, est selon moi un progrès essentiel qui permet de plus en plus à l'humanité de pouvoir choisir de se parler plutôt que de se battre en cas de désaccords et de conflits(prérogative qui nous aide à nous affranchir de nos instincts de mammifères que nous sommes encore, que nous serons toujours). Bref, d'avancer vers plus de paix, de joie, de santé, de prospérité, pour moi et tou-te-s les autres( ce qui est, pour ma part, un espoir surtout "sentimental", impulsé sans doute par l'instinct de ma survie et de celle de ma progéniture, mais consolidé par la logique). J'admets que la technologie informatique est aussi utilisée pour bien d'autres buts, mais pourquoi m'en priverais-je?

Une des étymologies de "religion", dans mon vieux petit Robert: du latin "religare", relier. À quand une religion, non pas basée sur des croyances communes, mais sur des objectifs communs, qui relierait, allierait, tout le monde?

"You may say: I'm a dreamer, but I'm not the only one. I hope, someday, you will join us, and the world will be as one." J.Lennon et Yoko Ono-Imagine

 

Oubion Michelle 15 août 2017 15:25

Bonjour,

Eh bien oui, mon cher André, nous agissons tous d'après nos "présupposés", d'après nos "croyances". Si l'on ne croit pas en Dieu et en Sa révélation, on est mû par autre chose.

Voilà ! il est un fait, si j'ai abordé l' "économie de communion" comme possibilité d'économie alternative, c'est que je suis chrétien dans l'âme et que j'apprécie beaucoup la notion de "communion". Cela ne veut pas dire que j'ai des questions... des évolutions... dans la façon de pratiquer le christianisme.

J'ose dire "oui", la religion a également sa place dans Tout Autre Chose. J'ai pensé un moment créer dans Participer un groupe Tout Autre Sagesse.

Comment j'essaie d'agir en "chrétien" aujourd'hui? Je ne me contente plus de participer aux seuls cultes catholiques, milieu où j'ai grandi. Depuis un an, je participe également à des cultes protestants, orthodoxes. Bref, je m'ouvre ! Les Catholiques ne sont les seuls détenteurs de la Vérité. ...  Je vais même plus loin ! Cela m'arrive de me rendre à la Synagogue le samedi et à la Mosquée le vendredi. Ces trois religions - le judaïsme, le christianisme, l'islam - citent les mêmes prophètes dans leurs livres sacrés (hormis Jésus et Muhammad pour le judaïsme, hormis Muhammad pour le christianisme).

Je rejoins Michelle sur ce que les forums ont leur utilité pour dialoguer sur nos croyances.

Je suis d'accord avec Michelle de ce que le mot "religion" contient l'idée de "relier". Les trois termes que j'accolerais volontiers à Dieu sont "relation", "fraternité", "communion".

Existe-t-il un Dieu ou non? La seule réponse que je peux donner à cette question est une question : l'Histoire de l'Humanité et du Monde va-t-elle vers une direction? Personnellement, je pense que oui.

Henri VOISIN 16 août 2017 11:29

@Henri  Personnellement, après diverses curiosités métaphysiques, il m'est devenu assez indifférent de savoir s'il existe un Dieu ou pas, si je possède une âme immortelle ou pas, etc... Et je pense que, comme tout ce qui vit, je suis née un jour et je disparaitrai un de ces quatres, comme tous les autres phénomènes que tu nommes Monde et Humanité. Peut-être que, si j'ai une âme, une part d'esprit nichée dans ma chair et dans mes nerfs, celle-ci s'envolera vers un paradis ou un enfer, ou se ré-incarnera dans l'un ou l'autre être, d'ici ou d'ailleurs... Mais enfin... On verra bien,hein?

En tout cas, ce que je sais, c'est que j'en ai marre d'avoir mal, le problème étant que je suis sensible aussi à la souffrance des autres autour de moi, et que, au jour d'aujourd'hui, avec la technologie des communications, autour de moi c'est partout!(à Barcelonne, par ex- je n'en dors pas!)

Alors que mon caractère, mon tempérament, me font aspirer à la paix, à l'harmonie, à la contemplation et à la volupté, je suis perturbée en permanence par le bruit tonitruant, l'agitation désordonnée, la violence, les interdits et les injonctions d'une société totalement déséquilibrée que je n'ai pas choisie. De plus, dans ma jeunesse naive, j'ai commis l'acte fort peu réfléchi de me reproduire, ce qui me confère une responsabilité. 

Tout ceci pour t'expliquer pourquoi j'ai signé l'Appel de Tout Autre Chose: ayant toujours passionnément observé ce qui fut et ce qui est, et lu et écouté ce qui pourrait être, je me sens capable de proposer des bribes de solutions aux graves dysfonctionnements que nous constatons et qui risquent d'accélérer notre disparition. Et puis, peut-être qu'en vieille belge, je suis influencée, imprégnée par notre devise: "L'union fait la force"?

À noter que ce qu'on appelle l'Histoire, officiellement, débute quand les humains ont commencé à la raconter en l'écrivant... forcément partiellement et partialement. Car, étant donné notre réalité d'êtres de chair séparés, quelles que soient nos aspirations de communion, et même si nous regardons dans la même direction, nous ne voyons jamais exactement la même chose, nos points de vue sont toujours différents. C'est pourquoi, en matière de morales et de religions, nous avons surtout besoin de TOLÉRANCE pour éviter la violence, et de nous parler, et de nous écouter, et de nous écrire, et de nous lire.

 Solidairement. Amicalement. Michelle

 

Oubion Michelle 19 août 2017 07:27

@ Michelle : si je suis en partie réticent à la communication électronique, surtout s'il s'agit de questions "de fond", c'est aussi parce qu'elle génère souvent des malentendus, surtout si on ne se connaît pas "en tant qu'être de chair" (ce qui n'est le cas avec toi et Henri, je précise pour les "extérieurs"), d'où l'importance des réunions et autres occasions de rencontres physiques ! Pour certaines choses, j'ai d'ailleurs le sentiment de devoir "marcher sur des oeufs" et cela me demande bcp d'énergie pour écrire mes messages, vu 'absence d'interactivité "en temps réel" du média...

@ Henri : en particulier, vis-à-vis de toi Henri pour la question de tes convictions, et là, je suis heureux d'avoir été bien compris ! La suite pour bientôt ici..

André Leclercq 21 août 2017 14:05

Bonjour,

@Michelle plus particulièrement

Personnellement, je ne me tracasse pas pour ce qui m'adviendra après la vie sur Terre. Je ne peux qu'être auprès de Dieu /de la Source, si Celui-ci se prétend être un Dieu miséricordieux. Je peux vivre un moment plus mal si je ne me montre pas de mon côté suffisamment miséricordieux à l'égard d'une soeur /d'un frère - être trop dur ! -. (Si des circonstances font que je dois blâmer, je dois blâmer, mais pas rester continuellement dans le blâme.) Avoir en face quelqu'un qui ne veut pas comprendre peut être source de souffrance, s'il a les capacités pour comprendre. (Note : Je peux être moi-même l'objet d'un blâme et je dois alors faire tout en sorte pour ne pas rester dans la discorde.)

Bien que je puisse vivre de la souffrance, et notamment par tout ce qui se passe dans le monde, je dois cependant dormir. Je peux mal dormir si je suis envahi par l'angoisse. C'est qu'alors je crains quelque chose de fondamental. Je puis comprendre que nous pouvons avoir l'endormissement difficile si nous ne sommes pas dans notre environnement familier ou si nous craignons que quelque chose tombe sur notre tête (une certaine peur en quelque sorte !). Un mal physique peut aussi rendre le sommeil difficile.

Si je suis venu à Tout Autre Chose, c'est que ce nom m'a parlé. Oui, j'aspire à toute autre chose. Je mets mes petites touches avec ce que je reçois de l'Esprit.

Oui, nous sommes différents, et pourtant nous aspirons à plus de communion. Je crois que nous allons tous dans la même direction ! Tendons-nous vers une religion commune - ou si ce n'est pas possible - vers une spiritualité semblable (Je pense que "religion" est d'ordre culturel et "spiritualité", d'ordre personnel - relation de chacun avec la petite lumière intérieure -)? C'est mon souhait, et peut-être le souhait de bien d'autres. Mais pour ce faire, comme le dit Michelle, il faut nous parler, nous écouter, et à l'occasion, tendre la main ! 

Henri VOISIN 24 août 2017 16:53

A mon tout de partager mes convictions relatives à la religion et à la spiritualité, jouons le jeu !

Pour moi, en fait, l'histoire de tout cela a plutôt mal commencé. Avec une maternelle dans une école de sœurs dont j'ai un mauvais souvenir, et le catéchisme à l'école primaire dont je n'ai retenu que des injonctions basées sur la peur de l'enfer, alors que la peur en général joue aussi un rôle dans "la servitude volontaire de l'homme moderne", en particulier via sa vie professionnelle et son addiction à la consommation.

Toutes choses qui m'a amené à passer à l'option du cours de morale dès le moment où j'avais acquis suffisamment d'assertivité pour le demander à mes parents (ou l'âge adéquat pour qu'ils acceptent ma demande). Ce qui ne m'a pas empêché, en fin d'études secondaires, de rejoindre un groupe à dominante chrétienne qui avait parcouru différentes écoles secondaires pour faire part de son projet de société qui m'attirait. Tout en "boycottant” toujours la messe (activité obligatoire quand j'étais – plutôt contre mon gré – chez les scouts qui me rebutait particulièrement) qui était intégrée dans les activités de ce groupe lorsqu'elles duraient plusieurs jours. Par contre, sans ce groupe, je ne serais jamais venu à Taizé, où j'ai découvert des rassemblements de jeunes fraternels et des chants qui me touchaient au-delà du sens de leurs paroles (en d'autres termes, qui vivaient "la présence du Christ" en tant qu'énergie d'amour - plutôt que la "jésulâtrie").

Quelques années plus tard, je pourrais dire que d'une certaine manière, je suis quand même "entré en religion", dans le sens de découvrir et puis partager des convictions qui me mettaient en lien avec "ce qui est au-delà du dicible", avec la transcendance, dans le cadre d'activités autour de la Maison du Nouvel-Âge à Bruxelles (@Henri : il y a aussi de la "création culturelle" en matière de spiritualité hors cultes religieux; ainsi dans le groupe Nouvel Âge auquel je participais où l'on partageait certains enseignements spirituels dont une partie en lien avec la culture hindouiste, dans les confréries soufies et les "derviches tourneurs", au sein de la sangha bouddhiste que j'ai fréquenté, etc., toutes initiatives que l'on peut rattacher aux "créatifs culturels"). Ainsi, je faisais l'expérience d'une certaine forme de spiritualité qui était complètement en dehors du monde des religions, même si des croyants se retrouvaient dans cette mouvance, et si la question de la religion et des religions en général était de temps à autres évoquée. Une spiritualité sans dogmes ou tout au moins avec des dogmes "légers" auquel j'adhérais sans réserves, notamment au travers du souvenir de cauchemars répétitifs de ma prime enfance, comme la croyance en la réincarnation de l'âme qui me parlait autrement plus que les rituels catho, l'eucharistie "Corps du Christ" ou le Jugement dernier ! Et puis, j'ai vécu quelques expériences transcendantales comme d'autres disent "avoir rencontré Dieu" (et d'autres encore ont vécu des “expériences de mort imminente”), le souvenir en est encore bien vivant, bien que mon lien avec la spiritualité au quotidien, outre cette conviction intime que chaque être humain doit être respecté pour ce qu'il est (ce qui n'est pas toujours facile à appliquer dans le quotidien!), tient essentiellement, comme je l'ai toujours perçu depuis l'adolescence, aux "hypercoïncidences".

La dernière en date que je cite car elle fait lien avec les balises de TAC : sur RCF, dans l'émission Visages, j'écoute (en rediffusion) l'interview Constance de Polignac, qui a transformé un domaine dont elle a hérité en lieu d'expérimentation agrobiologique, et à peine 2 jours après, en parcourant un guide touristique que j'ai récupéré, je vois mentionné Polignac, village en Auvergne (les plus récentes de ces rediffusions sont sur rcf.fr, onglet "podcasts").

Aujourd'hui, au-delà du New Age (qui s'est révélée hélas dans certains de ses aspects une "nouvelle illusion" qui à mon sens perdure à certains cotés dans une partie de la mouvance psy-spi), je vis la spiritualité comme ce qui nous transcende et nous rassemble au-delà des doctrines religieuses pour nous relier avec “la Source" comme écrit Henri : dans ce qui nous met "dans un état de conscience modifié", comme en écoutant de certains chants et morceaux de musique religieux (comme certains morceaux classiques, les chants orthodoxes, le chant grégorien – une référence : Hildegarde de Bingen -, les chants tibétains, ou encore l'Ave Maria tel que chanté par Nana Mouskouri), tout comme des oeuvres musicales non réliées à la religion (Vangelis, Enya, des musiques celtiques ou orientales). Ou encore en contact profond avec la nature, particulièrement en montagne, par les pélérinages pour certains (celui vers Compostelle est devenu un boulevard!). Les grands mystiques se rejoignent d'ailleurs dans ce dont ils font l'expérience, au-delà du courant religieux auquel ils se rattachent.

Par ailleurs, je remarque que tous nos progrès scientifiques ne nous ont pas permis de récréer la vie, et je peux comprendre que la complexité et l'état de perfectionnement des systèmes vivants peut amener à croire en un Dieu tout-puissant (la thèse type “le hasard et la nécessité” dans les théories de l'évolution est d'ailleurs en perte de vitesse), mais pour ma part, en tant "qu'athée spiritualiste”, j'ai plutôt la vision de quelque chose qui nous dépasse et dont nous n'avons pas les outils pour le comprendre, et la thèse à laquelle je peux le mieux me rallier est celle du "dessein intelligent", telle que comprise par l'astrophysicien Trinh Xuan Tuan.

Et pour faire reliance avec le tout autre modèle économique auquel j'aspire, j'ai fait l'expérience de quelques dimanches de sensibilisation à la sociocratie qui ont constitué aussi pour moi une expérience spirituelle (en établissant une forme de communion d'esprit dans le groupe), alors que des approches comme la sociocratie et l'holacratie contribuent à la démocratisation des entreprises!

Dernière chose et paradoxe majeur : j'ai aussi utilisé le mot “spiritualité” faute d'autre terme plus adéquat, car d'une certaine manière, il vaut mieux ne pas trop en parler pour mieux pouvoir la vivre, en toute humilité!

André Leclercq 28 août 2017 11:26

avez-vous des réunions formelles ?

je viens de rejoindre le groupe, et je ne vois rien dans l'agenda ...

Je ne me suis pas encore investi par manque de temps (boulot etc...) mais j'ai eu la chance de pouvoir prendre ma pension anticipée ...

je dispose donc de plus de temps et cherche des choses intéressantes à faire et partager ...

Mary Jacques 29 août 2017 12:35

@ Jacques Pary : Brièvement : le groupe a démarré il y a 2 ans avec un forum ouvert qui a attiré beaucoup de monde. Puis il y a eu progressivement une baisse de participation, et plus récemment, il y a eu des réunions d'un petit groupe organisateur, dont j'ai fait partie, où il était surtout question de faire participer les autres groupes au sein de TAC (dont les locales) pour faire des propositions sur des questions très spécifiques (comme la gratuité des services publics), ce qui me semblait prématuré et ne correspondait plus à ce que je cherchais dans le groupe. Les choses se sont par ailleurs arrêtées à ce niveau à la suite de désaffectations successives dans le groupe (dont la mienne).

Cela dit, je serais plutôt en faveur d'un redémarrage des réunions sur base des discussions en cours, mais TAC me prend trop de mon temps en ce moment pour m'en occuper actuellement. Si vous trouvez que ce serait utile, vous pouvez démarrer une nouvelle discussion à cet égard (ou même pour poursuivre la réflexion sur cette question, car ici, nous sommes en dehors du thème de ce fil de discussion!).

André Leclercq 30 août 2017 11:59

@Mary Jacques  Ce fil de discussion dans lequel nous nous trouvons fait partie de ceux du groupe "Tout Autre Modèle économique de TAC, qui malheureusement ne s'est plus réuni depuis longtemps(mais dont tu peux lire les précédents PV de réunions dans les "fichiers"). Les quelques personnes qui sont intervenues ici font aussi partie du groupe "Tout Autre Démocratie"(voir "TOUS LES GROUPES"), qui va se réunir à Bxl le 8/9.

Il existe de nombreux groupes et "locales" de Tout Autre Chose, dans plusieurs régions de Belgique francophone, formé-e-s de signataires de l'Appel, que je te conseille de lire(et de signer si tu souhaites t'engager) ainsi que les Balises et les Horizons. Ainsi, en naviguant sur le site et sur ce forum "participer", tu pourras juger de celui/celle qu'il te plaira de rejoindre, en fonction de tes centres d'intérêt et de tes convenances(mobilité, horaires).

En attendant, il t'est loisible de prendre part aux discussions et/ou de participer aux différentes actions et manifestations que le mouvement entreprend ou soutient(qui sont annoncées sur "participer").

Bien à toi! Michelle

 

Oubion Michelle 30 août 2017 12:34

oubion michelle ????? je n'y  comprends rien du tout ... y aurait il moyen d'avoir un écolage avec  un tuteur ou qqch comme ça ... je suis dérouté par cette interface virtuelle et je m'attendais à rencontrer des gens et pas du tout passer mon temps derrière un écran à taper !!!!

dois je comprendre que personne ne voit personne ???????????? vous êtes tous derrière un écran  ???????

le 8/9 ? où ?????  je suis nouveau et je n'y comprends rien du tout .... je regarde l'agenda - il est vide !!!!

comment dois je faire pour préciser que je réponds à qqun ??? ici par ex michelle ...

la première réponse je l'ai eue par mail direct ... ici je ne sais même pas comment j'y suis arrivé ...

H E L P ME !!!!!!

Jacques

 

Mary Jacques 30 août 2017 17:51

@Mary Jacques  Ce forum "participer", à part permettre à des gens dispersés géographiquement de se parler en-dehors des moments de réunion, sert à tous les groupes/locales d'informer les autres de leurs actions et réunions. C'est pourquoi je t'ai conseillé de clicker sur "Vue d'ensemble"(en passant d'abord par "à propos de ce groupe")où sont répertoriés tous les groupes. Par ailleurs, la page d'accueil du site "Tout Autre Chose.be" offre un agenda interne bien fourni en cette époque de "rentrée".

Ce fil de discussion est surtout un lieu de réflexion, et les gens qui s'y parlent jusqu'à présent se sont déjà rencontrés à de nombreuses reprises, lors de réunions et actions de différents groupes. Depuis bientôt trois ans, de nombreux bénévoles ont donné beaucoup de leur temps et de leurs capacités pour offrir au plus grand nombre un outil qui relie tou-te-s ceux/celles qui aspirent à un réel changement de société, merci de bien vouloir consacrer un peu de temps devant ton écran pour le découvrir. Si tu n'y arrives pas, tu peux m'écrire à michoubion@yahoo.com, je veux bien t'aider. 

 

 

Oubion Michelle 31 août 2017 13:00
Vous avez tout lu dans cette discussion